‹ La philosophie d'Ernest RenanChapitre 18 sur 127 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Qu'est-ce que la philosophie d'après Renan?

Il faut distinguer dans chaque science la partie technique el spéciale qui n'a de valeur qu'en tant qu'elle sert à la découverte el à l'exposition, et les résultats généraui que la science en question fournit pour son compte à la solution du problème des choses. « La philosophie est cette i«''tr commune, cette région centrale du grand faisceau de la connaissance humaine, ou tous les rayons se touchent dans une lumière identique '. C'esl elle qui donne on sens aux recherches particulier! 9. Les ■ spéciaux ■ ne se bornent pas toujours à

i. L Avenir de la fkitnet, j>. 153.

faire la guerre aux généralités superficielles, aux conclusions hasardées, ce qui ne serait que légitime ; ils ont souvent l'air de tenir aux détails pour eux-mêmes, et cela est ridicule. Une date heureusement établie; une circonstance d'un fait important retrouvée, une histoire obscure éclaircie, un texte perdu publié, ont plus d'importance que des volumes entiers dans le genre de ceux qui s'intitulenl Philosophie de V Histoire. Mais de telles découvertes valent, non par elles-mêmes, mais autant qu'elles serviront à fonder dans l'avenir la vraie et sérieuse philosophie de l'histoire. « Là est la dignité de toute recherche particulière et des derniers détails d'érudition, qui n'ont point de sens pour les esprits légers '. »

Philosopher, c'est savoir les choses, c'est, suivant l'expression de Cuvier, instruire le monde en théorie. Un tel résultat ne saurait être atteint a priori. « Je crois, comme Kant, que toute démonstration pu renient spéculative n'a pas plus de valeur qu'une démonstration mathématique et ne peut rien nous apprendre sur la réalité existante ■. » La connaissance philosophique des corps repose sur

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