I. L Avenir de la Science, p
Colle-ci vaut, non par ses formules, mais par l'esprit qu'elle incarne. Il en est de môme de la philosophie. « Quand je veux initier de jeunes esprits à la philosophie, je commence par n'importe quel sujet, je parle dans un certain sens et sur un certain ton, je m'occupe peu qu'ils retiennent les données positives que je leur expose, je ne cherche môme pas à les prouver; mais j'insinue un esprit, une manière, un tour ; puis quand je leur ai inoculé ce sens nouveau, je les laisse chercher à leur guise et se bâtir leur temple suivant leur propre style. Là commence l'originalité individuelle, qu'il faut souverainement respecter*. » Or, si philosopher, c'est aspirer en liberté le parfum des choses, il est déplorable de s'enfermer dans une impression une fois reçue et de s'interdire de nouvelles expériences. Il faut se complaire dans son épopée, mais se reconnaître le pouvoir d'en inventer une autre. « Il serait aussi absurde que ce système renfermât le dernier mot de la réalité qu'il le serait qu'une épopée épuisât le cercle entier de la beauté. Une épopée est d'autant parfaite qu'elle correspond mieux à toute L'humanité et