CHAPITRE III
Entrons dans le détail de cette philosophie; nous verrons s'il confirme ou non L'hypothèse que nous avons avancée.
Le métaphysicien n'est qu'un poète qui rend l'espril el La vie de la nature el de L'humanité. Il n'est point réduit à ce rôle pour cette Beule raison qu'il ne peut atteindre L'absolu; celui-ci se révèle el existe uniquement dans La réalité tangible, visible, observable, « L'absolu de la justice •'! de la raison ne si» manifeste que dans L'humanité : envisagé hors de L'humanité, cet absolu n'csl qu'une abstraction; envisagé dans L'humanité, il est une réalité. Et ne dites pas que
la forme qu'il revêl «Mitre les mains de l'homme le souille et l'abaisse. Non, non, L'infini n'existe que lorsqu'il revêt une forme finie. Dieu ne se voit que dans ses incarnations. La critique, qui sait voir le divin en toutes choses, est ainsi la condition de la religion et de la philosophie épurées, j'ajouterai de toute morale forte et éclairée1. » Si donc l'on ne se contente pas de composer des poèmes sur l'Être, si l'on veut le saisir vraiment, il faut recourir à l'histoire, « forme nécessaire de la science de tout ce qui est dans le devenir 2 ». C'est là du pur hégélianisme ; la conséquence du principe en est rigoureusement déduite. Mais est-ce une argumentation hégélienne qui amène cette conclusion ? Nous ne parvenons à la découvrir ni dans l'Avenir de la Science3, où Renan a, pour la première fois, développé sa thèse, ni dans la Métaphysique et son avenir 4, où il l'a reprise avec amour.
Mais, à défaut de cette démonstration, le penseur nous révèle que « dans la nature et dans