‹ La philosophie d'Ernest RenanChapitre 37 sur 127 · IbiJ, p · texte numérisé non relu

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dite du langage, esl vraie si l'on entend parler de deux ordres de phénomènes, dont l'un dépasse l'autre de toute la distance de lin Uni; mais elle esl fausse si l'on entend soutenir qu'à on certain moraenl de l'existence organique, un nouvel être vient s'adjoindre à l'embryon qui auparavant ne méritait pas le nom d'homme. C'est là une manière de se représenter les choses qui est en contradiction avec les résultats de la science expérimentale de la vie et qui répugnera toujours au physiologiste1. »

Et si l'on veut s'assurer que l'histoire est pour beaucoup dans la formation des idées les plus métaphysiques de Renan, on n'a qu'a voir comment il parle de l'immortalité. Il lui arrive d'écrire des plnas. ^ tout à fait spinozistes : - L'âme esl immortelle; car, échappant aux conditions serriles de la matière, elle atteint l'infini, elle sort de l'espace et du temps, elle entre dans \r domaine de l'idée pure, dans le monde de la mérité, de la bonté, de la beauté, ou il n'y a plus de limites ni de lin ». Hais en général il aime mieux contempler

1. EuaÙ t M 'île et de Critique, p. 85. — Cf. L'Avenir de la Scienc, p. < I

S Kssns de Momie et de Critigu*, p. C3.

le retentissement de nos pensées dans nos œuvres

ou le prolongement de ce que nous sommes dans ceux qui naissent de nous ; là est la véritable immortalité dont il aime à s'entretenir. Tantôt il dira que penser l'absolu ou réaliser le divin par la justice, c'est prendre sa part des choses éternelles, s'associer à l'Éternel par le bien accompli ou par la vérité exprimée sous des formes durables1. Tantôt il se plaira à évoquer les pères de la tribu obscure au foyer de laquelle il puisa sa foi à l'invisible, l'humble clan de laboureurs et de marins à qui il doit la vigueur de son âme, et il révéra qu'il est leur conscience et que par lui ils arrivent ù la vie et à la voix2. L'hérédité que nous constatons n'est-elle pas le symbole et la prophétie de ce qui sera un jour quand Dieu sera? « Un être omniscient et omnipotent pourra être le dernier terme de L'évolution déifique — soit qu'on le conçoive jouissant par tous 'tous aussi jouissant par lui, selon le rôve de la mysticité chrétienne) ; — soit qu'on le conçoive comme une individualité arrivant à la force suprême ; — soit qu'on le conçoive connue résultant de milliards d'êtres, comme

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