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goùl pour la philosophie, il n'était pas tenté par les aventures métaphysiques. Il avait subi l'influence de M. Manier et, par cet intermédiaire, celle de Reid : « Je perdis de bonne heure toute confiance en cette métaphysique abstraite qui a la prétention d'être une science en dehors des antres sciences e1 de résoudre à elle seule les plus hauts problèmes de l'humanité »... « Reid, dit-il encore, fut longtemps mon idéal '. »
A l'éducation que l'on reçoit de ses professeurs, il faut toujours ajouter celle que l'on se donne à soi-même. De quelle littérature philosophique Renan s'est-il nourri ? Ecoutons-en la confidence :
« Les écrits de la philosophie moderne, en particulier ceux de MM. Cousin et Jouffroy, n'entraient guère au séminaire. On ne parlait pourtant pas d'autre chose, par suite des vives polémiques que ces écrits provoquaient alors de la part du clergé. C'était l'année de la mort de M. Jouffroy. Les belles pages de ce désespéré de la philosophie nous enivraient, je les savais par cœur. Nous nous passionnions pour les débats que souleva la publication de ses œuvres posthumes. En réalité,