L'Avenir de la Seienee. p
ferait de sa nature, la petite estime dans laquelle il tiendrait sa conditionne refuse complètement à un tel sentiment le titre de vertu, et je reproche au christianisme d'avoir parfois pris la chose de cette manière. La base de notre morale, c'est l'excellence, l'autonomie parfaite de la nature humaine ; le fond de tout notre système philosophique et littéraire, c'est l'absolution de tout ce qui est humain '. Il faut donc comprendre tous les genres de vie et se garder des condamnations trop absolues. L'ascétisme est faux, et cependant il a une grandeur qui en a été la raison d'être et qui le justifie. «J'aime mieux un ioffui, j'aime mieux un mouni de l'Inde, j'aime mieux Siméon si\ Lite mangé de vers sur son étrange piédestal, qu'un prosaïque industriel, capable de suivre pendanl vingt ans une même pensée de fortune... Jusqu'à ce qu'on en soit arrivé à comprendre que L'idéal est près de chacun de nous, on n'empêchera pas certaines âmes (et ce sont les plus belles) de le chercher par delà la vie vulgaire, de faire leurs délices de l'ascétisme*. » La recherche du bien-être est peut-être ce qu'il y a de plus bas. Encore ne faut-il pas exa-