Essais de Morale et de Critique, pp. n, iv, v
une critique tellement corrosive qu'il n'en subsiste presque rien, parvenu au dernier terme du nihilisme, il fait volte-face. Une pensée triste suffit pour qu'il se trouve parfait chrétien '. »
La morale de Renan a donc subi un fléchissement. Comment peut-on s'expliquer ce fait?
Remarquons que révolution dont il s'agit n'est pas le passage d'une opinion à une autre très différente de la première. Dès le début, Renan a identifié la morale et L'esthétique; pourquoi n'excuserait-il pas, pour l'amour du beau, une action qui ne sérail pas conforme à la stricte et vulgaire moralité ? Il n'a fait que développer son principe. La question posée revient donc a celle-ci : Qu'estce qui a favorisé cette évolution naturelle et logique ?
L'éloignement de la crise dans le temps y est [mur beaucoup. Au sortir de Saint-Sulpice, Renan est encore tout vibrant des émotions religieuses;