‹ La philosophie d'Ernest RenanChapitre 52 sur 127 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

qu'à exécuter les ordres des autres, ceux-ci seraient naturellement esclaves; leur révolte serait un malheur et un crime, a Mais c'est ce point de vue même qui est décevant : un progrès irrécusable a banni celte aristocratique théorie et posé l'inviolabilité du droit des faibles de corps et d'esprit visà-vis des forts. Tous les hommes portent en eux les mêmes principes de moralité1. » L'intérêt parle, d'ailleurs, comme la justice : « Il est impossible d'aimer le peuple tel qu'il est. et il n'y a que les méchants qui veuillent le conserver tel, pour le faire jouer à leur guise. Mais qu'ils y prennent garde : un jour la bête pourra bien se jeter sur eux *. » La démocratie est donc l'idéal. Or elle ne peut exister sans la culture. Le droit primordial n'est donc pas la liberté : « On parle sans cesse de liberté, de droit de réunion, de droit d'association. Rien de mieux si les intelligences étaientdans l'état normal; mais jusque-là rien de plus frivole. . . La liberté ne peut être que préjudiciable, quand ce sont des insensés qui la réclament 2. » Cet universalisme n'est pas fondé sur le droit.

^. L' Avenir df la Srienee, p. 330.

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