Feuilles détachées, p
•i. L'eau de Jouvence, pp. 57-58.
de notre liberté, c'est l'immoralité joyeuse du peuple. Il faut que le peuple s'amuse, chante, boive, danse ; pendant ce temps nous sommes libres ». »
La doctrine politique de Renan nous est apparue comme une pièce essentielle de son système. Mais n'avons-nous pas abusé de la logique ? Cette doctrine ne se juslifie-t-ellc pas directement, dans la pensée de son auteur, par l'observation des faits?
Une de ses certitudes, nous l'avons vu, est que le monde poursuit un but mystérieux; ce but, i l'épanouissement de L'esprit. Et voici les causes finales transportées dans la politique. Or vit-on jamais un principe plus confus, plus capable d'interprétations contradictoires? Il ne suffit pas d affirmer que la nature a des intentions secrètes; encore faudrait-il précisément que ces intentions ne fussent pas Becrètefl et qu'on les connut pour chaque cas particulier; obscures comme elles le