CHAPITRE VI
Rouan a voulu faire une œuvre religieuse. \ chaque momenl de sa carriôiv srion Mlique, il a affirmé <iu il s'esl efforcé de servir les intérêts «le la rraie religion. « Loin que j'aie jamais son diminuer en ce monde la somme de religion qui y reste encore, déclare i il en 1859, mou but, en tous mes écrits, ;• été, bien au contraire, d'épurer et de ranimer un sentiment qui n'a quelque chance de conserver son empire qu'en prcnanl un nouveau degré de rafiQnemenl '. > !><• même, en 1887, après toutes les escapades <!<• sa pensée, il se rond
i. Es .lit de Morale et de Critique, p, II.
LA RELIGION loi
encore le même témoignage: «C'est la certitude d'avoir servi à mu manière, malgré toutes sortes de défectuosités, cette cause excellente, qui m'inspire dans la bonté divine une confiance absolue. C'est La conviction que ce livre sera utile au progrès religieux qui me Ta fait aimer '. »
La philosophie de Renan ne condainne-t-elle donc pas lu religion à disparaître devant la science? Actuellement, il est vrai, la science et la religion s'entendent mal. Mais un jour viendra où elles se réconcilieront, où « la poésie, la religion, la science, la morale retrouveront leur harmonie dans la réflexion complète. L'âge primitif était religieux, mais non scientifique; l'âge intermédiaire aura été irréligieux, mais scientifique; l'âge ultérieur sera a la fois religieux et scientifique. Alors il y aura de nouveau des Orphée et des Trismégisle, non pins pour chanter a des peuples entants leurs rêves Ingénieux, mais pour enseigner a L'humanité devenue sage les merveilles de la réalité*. »
Qu'est-ce donc que ce phénomène auquel la pérennité esl promise? Avant d'en donner le carac-