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tiques, qu'on prend souvent pour de la froideur, tient à cet (p timidité intérieure qui leur fait croire qu'un sen liment perd la moitié de sa valeur quand il est exprimé, et que le cœur ne doit avoir d'autre spectateur que lui-même*. » De là ce qu'il y a d'intense et de poignant dans ses mélodies nationales : « On dirait des émanations d'en haut, qui, tombant goutte à goutte sur l'âme, la traversent comme des souvenirs d'un autre monde. Jamais on n'a savouré aussi longuement ces voluptés solitaires de la conscience, ces réminiscences poétiques où se croisent à la fois toutes les sensations de La vie, si vagues, si profondes, si pénétrantes, que, pour peu qu'elles vinssent à se prolonger, on en mourrait, sans qu'on pût dire si c'est d'amertume ou de douceur2. » De là, enfin, l'obstination de cette race à prendre ses songes pour des réalités et à courir après ses splendides visions. « Elle veut L'infini; elle en a soif, elle le poursuit à tout r»rix, au delà de la tombe, au delà de l'enfer. Le défaul essentiel des peuples bretons, le penchanl à l'i\ resse, lient à cet invincible besoin d'illusion3. »