‹ La philosophie d'Ernest RenanChapitre 80 sur 127 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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attachait à ce mot imprudent. » II est clair que, si le terme n'eût été grossier, il aurait volontiers appelé menteur celui qui a dit : « A celui qui blasphèmera contre le Saint-Esprit, il ne sera point pardonné. »

Les historiens que la passion irréligieuse D'aveugle pas ont depuis longtemps réduit à leur valeur les fantastiques insinuations de Renan. Peut-être la psychologie a-t-elle ici son mot à dire. H était difficile a Renan de tenir un autre langage. La piété consistant, d'après lui, dans la volupté des effusions mystiques, elle d"it être d'autant plus parfaite qu'elle est pins Intime et plus secrète. KM'1 esl pour le sanctuaire, pour la cellule, pour la solitude du désert du de la chambre de travail ; elle s'altère et se flétrit an grand air .1rs places publiques. Quoi? Même si elle m' -"il de sa retraite que pour affirmer les eiigencei impérieuses <\>- la conscience? "ni, même alors, suriiuit alors, répondrait Renan : et il ne peut répondre autrement, car il comprend mal l'impératif de la conscience : quand il ne ramène pas le devoir ,-i un besoin esthétique du cœur, il en i';iit l'acceptation d'une consigne divine, d'un ordre extérieur, d'un commandement étranger a notre raison ma-

tique. Or les morales qui posent comme but à atteindre une fin autre que la moralité môme de l'agent, sont facilement indifférentes sur le choix des moyens. Les jésuites l'ont bien démontré et leur démonstration est irréfutable. Renan ne sait comment on pourrait les rétorquer : « Celui qui prend l'humanité avec ses illusions et cherche à agir sur elle et avec elle, ne saurait être blâmé. César savait fort bien qu'il n'était pas fils de Vénus ; la France ne serait pas ce qu'elle est si l'on n'avait cru mille ans à la sainte ampoule de Reims. Il nous est facile à nous autres, impuissants que nous sommes, d'appeler cela mensonge, et, fiers de notre timide honnêteté, de traiter avec dédain les héros qui ont accepté dans d'autres conditions la lutte de la vie. Quand nous aurons l'ait avec nos scrupules ce qu'ils firent avec leurs mensonges, nous aurons le droit d'être pour eux sévères '. »

L'éducation, d'ailleurs, n'a fait que pousser Renan dans une voie où sa nature personnelle aurait suffi à l'engager. Eu fidèle Breton qu'il est, il aime à s'enfuir vers « l'Éden splendide des joies

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