Ernest tt BenrieUe Renan, Lettres intimée, p
APPENDICE 18o
est si profonde que Renan, du premier coup, aperçoit plusieurs choses. C'est d'abord que ces efforts indépendants de la pensée ne sont peut-être pas toujours du goût d'une autorité ombrageuse. C'est ensuite qu'il n'a pas « le zèle d'une dévotion spirituelle » ; il a trop peur d' « une vie où l'on ne pense pas, où l'on ne réfléchit pas ». Enfin, sans se décider ni pour ni contre le sacerdoce, il prononce qu'il doit regarder comme fermée pour lui « toute carrière qui n'est pas d'étude et de méditation » '. Ce sont si peu les solutions qui l'intéressent en philosophie qu'il ne tient nullement à avoir un professeur distingué. Il n'a point le désir de trouver un maître dont il risquerait de devenir le disciple : « Je me convaincs de jour en jour que, pour la philosophie, la médiocrité du professeur est un mince inconvénient * ». Et, en même temps, il se demande si « le désir de conserver cette douce liberté si nécessaire pour la pleine action des facultés intellectuelles et morales d ne le forcera pas à renoncer à la prêtrise. Il s'interroge. Il déclare qu'il ne veut pas d'une indépendance d'esprit qui serait « hardie, présomptueuse, frondant tout ce