Lettres intimes, p
prêtrise, et, le 11 avril 184o, il confie ses raisons à sa sœur : « Tandis que le catholicisme a été pour moi la vérité absolue, le sacerdoce s'est montré à moi entouré d'un éclatant prestige de grandeur et de beauté. . . ; et si Dieu m'accordait en ce moment cette illumination intérieure, qui fait toucher l'évidence et ne permet plus le doute, oui, dès ce moment, je me consacrerais au catholicisme. . . Mais tout a dû céder à la perception de la vérité. Dieu me garde de dire que le christianisme est faux ; ce mot dénoterait bien peu de portée d'esprit : le mensonge ne produit pas d'aussi beaux fruits. Mais autre chose est de dire que le christianisme n'est pas faux, autre chose qu'il est la vérité absolue '». Cette dernière phrase est instructive. Pour en saisir toute la signification, il faut la rapprocher de ce que Renan écrira, quelques jours plus tard, à son confident ordinaire, M. Cognât : « Tout ou rien, les néo-catholiques sont les plus sots de tous *. » La religion consiste essentiellement, pour le jeune séminariste, dans la théologie, et la théologie est, à ses yeux, un édifice, un bloc de vérités qu'il n'y a pas lieu d'examiner ; c'est le