I. L'évolution créatrice, introduction
un pareil traitement; il n'est point nécessaire de comprendre ce qu'est vraiment la'' vie. Il n'y a rien d'étonnant alors à ce que là, notre intelligence ait le dessous. La pure matière peut être comprise comme étant composée de parties qui assemblées la constituent. Dans une totalité purement matérielle nous avons d'abord les parties; la totalité est le simple résultat de leur jonction.
Lorsque, après cela, les sciences se trouvent en face d'un être vivant, il est naturel qu'elles veuillent lui appliquer les mêmes modes sous lesquels elles considèrent la pure matière. La vie ne sera plus qu'une pure résultante produite par la réunion de plusieurs parties. On tentera de réduire à la physique et à la chimie la connaissance de la vie. Ce serait très naturel s'il s'agissait seulement d'exercer sur le vivant une action telle que cela puisse servir à un but dé- \îterminé. On comprend toute organisation./ ^ *, comme une espèce de fabrication et tout or4' \f ganisme comme une machine dont il s'agit de trouver les parties et le procédé de
construction. « Voilà le point de vue de la science I » Sous l'influence de ces habitudes d'esprit, beaucoup d'hommes de science ont pour idéal de soumettre l'organisme au traitement mathématique auquel ils soumettent notre système solaire ^
C'est ainsi que M. Bergson décrit la conception mécanistique de la vie ; elle est sortie, selon son opinion, de la métaphysique dont partent les hommes sans savoir eux-mêmes que c'est de la métaphysique. 11 ajoute une série de considérations tendant à prouver que la vie ne peut être réduite à un système de processus physiques et chimiques.
La conception mécanistique ne peut expli- '4^er la continuité de la vie, la connexité entre son passé et son présent. Les stades ultimes de l'évolution de la vie ne sont pas dus à une combinaison d'éléments qui existaient auparavant et qui sont assemblés pour Ç la première fois, mais ils apportent quelque ' chose de tout à fait nouveau. De nouvelles