‹ La Philosophie de BergsonChapitre 23 sur 28 · LETTRE DE M. HENRI BERGSON A M. HARALD HÔFFDING · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. HENRI BERGSON A M. HARALD HÔFFDING

Il nous a paru bon de reproduire ici arec l'agrément des deux personnes intéressées, une lettre de M. Bergson à M. Hôffding que nous n'avions pas lue quand nous avons écrit les lignes d'avant-propos qui précèdent notre traduction. M, Bergson a adressé cette lettre à son critique après avoir eu connaissance de l'ouvrage qui lui était consacré. Elle précise utilement quelques points importants de sa philosophie. — J. G.

... Il faut d'abord que je vous dise combien je vous suis reconnaissant d'avoir discuté mes travaux d'une manière si attentive et si pénétrante. On ne pourrait me faire un plus grand honneur. Là même où vous critiquez mes vues, on sent que vous avez visé avant tout à les exposer avec une absolue impartialité. Votre méthode de discussion n'a rien de commun avec celle qu'on m'applique si

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souvent et qui consiste à me prêter telle ou telle idée étrange et fausse, qu'on réfute ensuite aisément.

Toutefois, il est impossible à un penseur original d'entrer tout à fait dans les vues d'autrui. Vous ne vous étonnerez donc pas si je vous dis que, dans l'exposé général que vous avez fait de mes idées, il n'y a pas de chapitre auquel je puisse souscrire entièrement, pas de critique par conséquent qui me paraisse porter exactement sur ce que j'ai dit ou tout au moins sur ce que j'ai pensé (car nous ne sommes jamais sûrs que ce que nous pensons ait réellement passé dans ce que nous avons dit). Je ne puis entrer dans le détail; je laisse de côté certaines critiques que je considère comme accessoires, — par exemple^ celle qui concerne la relation de la ■ conscience au corps (je pense, moi aussi, que chaque état de conscience a un accompagnement moteur, et que tout un côté de la mémoire, celui qui est habitude motrice, est

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