Ibid.. 1873, l. I, p
est la science des principes. Mais n'est-ce pas revenir « à la vieille philosophie avec ses prétentions à l'universalité du savoir », au dogmatisme insolent et fragile qui se donne comme l'absolue vérité, en négligeant les perpétuels démentis que s'infligent les systèmes contraires. La même raison qui rend la Science impossible, fait d'une science des principes quelque chose de contradictoire, puisqu'une science se caractérise par ce fait même que les principes lui sont accordés, qu'elle ne les discute pas.
Ainsi non seulement la philosophie n'est pas la Science, mais on peut aller jusqu'à dire qu'elle n'est pas une science. Cet aveu toutefois ne va pas sans danger et a besoin d'être interprété. En tant qu'elle est critique des principes, la philosophie n'est pas une science, il faut le reconnaître. Mais ce n'est pas dire qu'il faille rapprocher la philosophie de l'art, comme on l'a fait quelquefois : « n'est-il pas à craindre que l'artiste en philosophie, le poète en spéculation transcendante, ne se complaise en un certain dilettantisme, et ne se fasse point une idée assez sévère de sa responsabilité devant la vérité^ ». La philosophie relève de la raison théorique, elle est un effort pour organiser ses idées selon les lois de la logique, elle doit se constituer, comme une science, de propositions exactement formulées, régulièrement déduites. Le penseur doit mettre dans l'exposé de sa doctrine la rigueur scientifique, justifier ses hypothèses par leur valeur explicative, non par leur beauté esthétique ou leur séduction sentimentale. Mais, pour se formuler scientifiquement, la philosophie comme toute science, est contrainte de se référer à des principes supposés en dehors de toute discussion. En tant qu'elle est la critique de ses principes, elle est autre chose qu'une science proprement dite et elle suppose d'autres procédés. La philosophie est science théorique, en tant qu'elle s'efforce, comme toute science, de