‹ La philosophie de Charles RenouvierChapitre 101 sur 182 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

On chercherait vainemcnl un fait intellectuel pur, isolé, un jugement nécessaire, dérivé de la seule aperception du vrai : l'homme est tout entier dans chacun de ses états et de ses actes réfléchis. Les perceptions, la mémoire, le raisonnement, avec sa suite d'opérations discursives ; les principes de la démonstration, qu'ils soient dégagés de l'expérience ou qu'ils soient reçus a priori comme les formes mêmes de la conscience ; toutes ces affirmations, de quelque évidence qu'elles s'accompagnent, avec quelque force qu'elles s'imposent, restent liées à l'exercice. de la réflexion et par suite de la volonté. Ce n'est pas assez de dire que lélément volontaire de fait intervient dans la certitude, il faut aller plus loin, affirmer qu'il y doit intervenir, que seul il l'achève. Nous l'avons dit : spéculativcment une affirmation peut toujours être suspendue par la pensée d'une erreur possible. « Ce doute extrême, à quelque degré qu'on l'atténue, il suffit que la possibilité en apparaisse : aussitôt la volonté qui est la représentation même, en tant qu'appelée, maintenue ou éloignée, de son propre mouvement, vient prendre sa place dans la conscience, et dès lors Findissolubilité des fonctions humaines se substitue pour le philosophe à la chimère de l'entendement pur ^ »

Oi^i l'élément volontaire intervient, l'élément passionnel intervient du même coup. On ne remarque pas assez ce qu'il entre d'instinct, de passion, de vouloir être dans le seul fait que l'homme accepte l'intelligence et ses lois, s'y livre et s'y confie. La volonté passe par-dessus le doute que suggère l'analyse réfléchie des opérations de la pensée, mais ce doute possible le plus souvent n'est pas même évoqué, le mouvement naturel de la vie le franchit sans le voir. « Quand il s'agit des jugements où l'entendement domine, et de ceux qui suivent spontanément les sensations, dans le très grand nombre des cas, la clarté, la force d'une

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