Essai de psycholocjie, t. Il, p
gnage que nous nous rendons de notre existence et de toule connaissance possible. » Ce n'est pas que la réflexion soit anéantie par la iorce de Tinstinct. « Une réflexion réelle, précédant raiiirnialion, fait toujours de celle-ci un mode volontaire, autrement la conscience ne se témoignerait j)as tout son pouvoir et l'homme ne se connaîtrait pas. » La nécessité qu'invoquent les intellectualistes est la marque, fait comme la preuve de l'élément passionnel, instinctif, qui se mêle à la certitude, sans que cette nécessité toutefois aille jusqu'à supprimer, avec la réflexion qui caractérise l'homme, la possibilité du doute spéculatif qui résulte de l'examen même des motifs de croire, et que la volonté détruit après l'avoir fait naître.
Quand on la considère dans tous ses éléments, telle qu'en fait elle nous est donnée, la certitude n'est donc pas un état passif de l'intelligence qui se voit comme illuminée par une lumière extérieure; elle est un acte autant qu'un état; elle veut le concours de toutes les fonctions humaines, elle implique outre le fait intellectuel, « la force qui pousse à affirmer et la force qui se fait sciemment affirmative », la passion et la volonté. La vérité ne nous est pas étrangère, elle ne s'impose pas à nous, nous ne la possédons vraiment que quand nous nous la devons à nous-mêmes. On n'est vraiment certain que quand on a réfléchi, que quand par suite on a surmonté le doute que toute réflexion apporte avec elle. « Dans l'hypothèse de la liberté, c'est à la liberté qu'il appartient déposer le fondement de la certitude. Le signe radical de la volonté, la marque essentielle de ce développement achevé qui fait l'homme capable de spéculation sur toutes choses, et l'élève à sa dignité d'être indépendant etautonome, c'est le doute... L'ignorant doute peu, le sot encore moins, et le fou jamais-. » Mais si le doute est comme la première démarche de la liberté, si à ce