Ibid., p. Ib
titre l'école sceptique est une grande école philosophique, la liberté ne s'achève qu'en trouvant en elle-même le courage et la résolution de l'affirmation réfléchie. « La certitude n'est donc pas et ne peut pas être un absolu. Elle est ce qu'on a trop souvent oublié, un état et un acte de l'homme. A proprement parler il n'y a pas de certitude, il y a seulement des hommes certains. Ce devrait être une maxime universellement reçue que tout ce qui est dans la conscience est relatif à la conscience. La certitude est une croyance..., elle est éminemment une assiette morale \ » Ainsi la certitude n'est pas une contrainte qu'impose l'évidence, elle s'identifie avec la croyance qui est toujours relative et toujours implique, outre l'élément intellectuel, une intervention de la passion et de la volonté. Il n'y a d'incontestable, d'incontesté que le fait actuel de conscience, « le phénomène comme tel et au moment où il s'aperçoit. Là point de doute possible; toute incertitude serait contradictoire, car il faudrait penser que peut-être on ne pense pas ce qu'on pense : ce qui est précisément le penser. L'apparence du phénomène immédiat actuel est un critère accepté des Pyrrhoniens eux-mêmes. Au delà de ce point très précis et très étroit de la conscience qui est le cpa'lvsTa-, des Pyrrhoniens, commence le véritable champ de la certitude". » Ainsi dès qu'on dépasse le fait de conscience immédiat, tel plaisir, telle sensation, dès qu'interviennent la mémoire et le jugement, le doute est possible, la croyance entre en jeu, avec elle le désir et la volonté. Ma première affirmation, dès que je me suis élevé
1. Psychologie rationnelle, p. 152-lo5. « L'homme, par rapport à l'objet quelconque de sa pensée, est certain, s'il le comprend de toute l'étendue de son intelligence, et se sent porté par un instinct puissant, animé d'une volonté immuable en l'affirmant, et se complaît dans cette affirmation entièrement et sans réserve. Maintenant, serait-il possible que la chose ainsi aimée, comprise et voulue de toutes les forces de la conscience n'existât point comme la conscience la pose ? Oui, dira le savoir : oui, à l'extrême rigueur et dans tous les cas, attendu que la vérité relative à l'homme est une vérité humaine, et la vérité relative à l'individu une vérité individuelle. 'Son, dira le croyant, fort du sentiment qui le possède. »