Psijcholor/ie, t. Il, p
à la pensée réfléchie, ne peut être que la confirmation on moi de la volonté même d'affirmer sons certaines conditions. Je peux, je dois, je veux affirmer quelque chose, c'est-à-dire, au delà des phénomènes qui me touchent immédiatement, aflirtncr d'autres phénomènes liés aux premiers par des lois constantes'. Il semble donc que la première démarche de l'inlelligence rélléchie doive être de se prononcer sur elle-même, sur sa nature, sur son rapport à la volonté, sur la liberté ou la nécessité de ses propres actes. Rien ne saurait être plus propre à mettre en reliefl'essence morale de toutes nos affirmations touchant la réalité, que cette obligation où nous sommes de les faire dépendre de ce problème de la liberté, tout à la fois et le plus disputé et le plus étroitement lié aux notions de moralité ■.
Cependant Renouvier reconnaît qu'en fait nous franchissons cette exigence logique, sans même l'apercevoir. Avant que la rétîexion ne conduise au problème suprême, auquel en droit tout est suspendu, il y a, de son aveu, un premier ordre de certitude, qui répond à la pensée spontanée, et qui unit tous les hommes dans des jugements qu'ils ne songent pas à mettre en doute. Ce premier ordre de certitude, qui comprend ce que Renouvier appelle les thèses de réalité, répond aux concessions que le pyrrhonien le plus résolu est obligé de faire à l'usage, à la nécessité morale de juger pour agir. Ces thèses de réalité, qui suffisent à poser les fondements des sciences particulières et les conditions de la vie pratique, peuvent être ramenées à quatre. D'abord nous acceptons la conscience, son identité dans le temps, tout l'ensemble des fonctions qui la constituent, le jugement, la raison, le raisonnement, les catégories qu'un instinct puissant nous suggère, que la réflexion confirme, que l'expérience applique et vérifie.
1. « Toute affimation, où la conscience se porte avec réflexion, est subordonnée, dans la conscience, à la détermination même d'affirmer. »