‹ La philosophie de Charles RenouvierChapitre 117 sur 182 · Science de la morale, t. II, p · texte numérisé non relu

Science de la morale, t. II, p

qui ne saurait jamais être qu'une résultante. Lliéritage des coutumes est un ol3slacle, bien plutôt qu'un moyen des progrès réels et décisifs. La masse représente le déterminisme, l'inertie du passé, la résistance du mal propagé, fixé par les lois de l'habitude et de la solidarité. Loin que le bien puisse être l'œuvre toute spontanée d'une foule évoluant dans l'inconscience, « le règne de la justice dépend de l'initiative que des group'Ss libres d'hommes choisis prendraient de composer entre eux des sociétés nouvelles et exemplaires, œuvres de passion philosophique et de puissante réflexion en des sphères limitées'. » Aux théories arbitraires qui faussent les faits, les mutilent ou les torturent pour se justifier, Renouvier substitue cette simple formule : le progrès se définit par la liberté et par la justice, il est possible parce qu'il dépend de l'initiative des individus et que leur devoir est d'y travailler. « Cette manière d'envisager le fait du progrès humain est toute pratique et vivante ; elle donne à l'histoire la loi morale pour fin, pour guide, pour auteur autant qu'il se peut; elle rend à l'éthique sa dignité compromise : elle en appelle enfin à la bonne volonté de chaque homme pour décider en sa part du sort de tous... Toutes les vérités, tous les biens moraux posant sur la personne, et l'établissement des relations sociales légitimes demandé aux libres décisions de la personne, voilà la fin et le moyen du progrès de tous les agents raisonnables, l'origine et l'essence du devoir de chacun -. »

La critique de l'erreur introduit à la vérité. La théorie du progrès interprète les données de l'histoire du point de vue d'un déterminisme ou d'un optimisme tiop souvent vagues et mal définis. Dans V Introduction à la philosophie analytique de ïhistoire., Renouvier oppose au fatalisme avoué ou honteux la thèse de la liberté, posée dans

Page 1