‹ La philosophie de Charles RenouvierChapitre 120 sur 182 · ma., p · texte numérisé non relu

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LA MOIWLE ET l'hISTOHŒ -81

est nécessaire pour discerner el limiler les uns par les autres les biens en conflit actuel ou possible, et plus spécialement « pour restreindre les biens dont la poursuite est légitime à ceux quu/ie personne peut rechercher sans manquer au respect de la personne, à la justice. » (I, 341).

Posé sous sa forme la plus générale, le problème peut se ramener à ces termes : la raison avec la loi du devoir, la nature avec la loi de hnalité, de recherche du bonheur \ La règle des actes est donnée par la raison, et cette règle peut et doit devenir un mobile pour les produire, mais naturellement le mobile des actes est la cause finale, la recherche du bonheur. Entre la loi morale et la loi de finalité, entre le bonheur et le devoir, l'homme ne peut admettre une antinomie insoluble qu'en se divisant contre lui-même, en faisant de la contradiction la loi des fonctions humaines. D'autre part, dans la vie présente le devoir s'oppose à la passion, exige le renoncement à des fins particulières qui semblent à l'individu la condition môme de son bonheur ici-bas. Si le sacrifice est définitif, sans compensation, si nulle harmonie n'existe entre l'impératif et le bien, « l'agent, sommé de se conformer à sa nature raisonnable, opposera sa nature sensible, do laquelle il faudrait qu'il se séparât. » La loi se présentera avec je ne sais quoi d'arbitraire qui en affaiblira l'empire. Pour que son autorité soit incontestée, il faut que cette loi se présente comme bonne, non seulement en tant qu'obligatoire, mais en tant que la plus propre à assurer le bonheur de celui qui la suit. Dans ce cas seul les fonctions humaines sont accordées, et l'homme peut aller à la justice avec confiance, avec allégresse, porter la joie jusque dans le sacrifice. Or, rien ne nous interdit d'admettre l'harmonie finale du devoir et du bien.

L'être raisonnable veut le bonheur, mais l'idée du bon-

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