‹ La philosophie de Charles RenouvierChapitre 126 sur 182 · Principes de la nature, I, p · texte numérisé non relu

Principes de la nature, I, p

PHILOSOPHIE Dt: LA NATLRE ET PROBABILITÉS MORALES 305

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IVir cela même qu'il nie le conlinu, l'infini, la substance, qu'il supprime l'Etre sans rapport à la pensée, qu'il ramène tout à la représentation et à ses lois et que parmi ces lois il reconnaît comme aussi légitimes, aussi nécessaires que celles d'espace, de temps ou de cause, les lois de finalité, de personnalité, le néo-criticisme autorise certaines conjectures sur le fond de l'existence et enveloppe une sorte de philosophie de la nature \ Sur le fond de l'existence, sur la réalité dernière que l'anah'se retrouverait sous ses formes les plus différentes, trois hypothèses sont possibles, dont une seule est compatible avec les principes du néo-criticisme. Puisque tout, pour nous du moins, se ramène à la représentation et que la représentation implique deux éléments que tout à la fois elle unit et elle distingue, le représentatif, le représenté, « il faut que Tun ou l'autre de ces éléments, ou tous les deux entrent dans l'idée générale que nous nous formons d'un èlrc quelconque et en posent le fondement ». Pour le matérialisme, l'être est de la nature du représenté, il exclut tous les caractères que nous regardons comme proprement représentatifs ; pour l'idéalisme, l'être se définit parla seule fonction représentative, dont les l'eprésentés ne sont que des produits inconsistants, et non la contre-parlie corrélative et nécessaire. Sans parler des difficultés propres à chacune d'elles, ces deux doctrines, se heurtent à la même impossibilité : toutes deux « scindent les éléments inséparables de la représentation qui, sortant de soi, ne pose jamais au fond que le semblable

1 . « L'application des lois rationnelles, que nous avons irrévocablement admises, nous permet de nous représenter l'essence propre du monde extérieur et de ses êtres élémentaires..., de jeter quebiue lumière sur la conception générale de la nature, surtout en nous bornant aux points qui intéressent, soit l'humanité morale, soit l'idée philosophique du genre et des espèces de l'existence. » (Principes de la nature. Troisième Essai, p. 8, 9.)

Sé\illes. — Renouvier. 2o

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à soi. » Une seule solution dès lors est possible : si le pur être en soi n'est pas concevable pour nous, si tout est représentation, si celle-ci est essentiellement rapport, unité de deux éléments qui s'impliquent. l'existence ne peut se définir que par la représentation envisagée dans ses deux éléments corrélatifs, représenté, représentatif, et, « puisque le monde est un ensemble de représentations, il est un ensemble de consciences'... Il n'y a donc qu'une seule notion générale possible de l'être individuel posé pour soi dans la nature: c'est la notion générale de la représentation pour soi. Définir tels êtres particuliers, telles espèces d'êtres, c'est déterminer les espèces et les degrés de cette représentation pour soi, laquelle doit se trouver conforme, au moins en partie, à la représentation pour nous (sans quoi il n'y aurait point de communication de nous avec eux, rien d'intelligible pour nous de ce qui les constitue) et en partie se concevoir sur le fondement de l'analogie ^ ». Définir l'être par la représentation pour soi, ce n'est pas revenir à l'idéalisme subjectif, qui supprime l'un des termes dont elle est le rapport. La représentation n'existant que par le rapport et l'opposition du sujet et de l'objet, la conscience ne se conçoit pas solitaire, absolue, en dehors de la relation fondamentale qui la constitue. C'est à limage de la conscience, par une dégradation de notre propre vie intérieure que nous devons nous représenter toute existence: mais par là même l'être nous est donné comme une pluralité, comme une société de consciences. La philosophie de la nature du néo-criticisme rejoint la monadologie de Leibniz. « L'être étant une représentation pour soi doit se définir par les attributs généraux de la représentation. On peut les nommer, avec Leibniz, force, appétit, perception, en comprenant sous le dernier terme les fonctions qui engendrent l'expérience et celles dont les

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