Ibid., t. I, p
forces attractives qui constituent dans les molécules les premières combinaisons des êtres élémentaires, et au delà des limites, où se développe l'action atomique et moléculaire, règne la loi de gravilation. En- dernière analyse, l'atome se définit par la force, son étendue par sa sphère propre d'action. « Ce qui constitue les corps atomiques, c'est de se former, par leur répulsion à l'égard des autres, une atmosphère détendue propre, c'est d'agir au delà de celle sphère inviolée, en exerçant des attractions dans une étendue plus grande: c'est enfin de se composer entre eux dans diverses positions d'équilibre ^ »
En acceptant l'atome, il importe de se souvenir de la manière dont on en a construit le concept. L'atome n'est pas un être en soi ; il est une abstraction, un symbole de l'existence véritable ; il est l'être considéré du dehors, du point de vue des seules catégories de l'étendue et de la quantité: il exprime à ce titre certaines formes de la représentation que nous ne pouvons sans contradiction supposer réalisées indépendamment de toute conscience, dans un espace en soi. Seule la monade est réelle, enveloppe tout ce qui constitue l'existence complète au point de vue de la conscience-. L'atome n'est pas d'ailleurs sans rapport avec la monade, il l'exprime sous les catégories les plus simples, il ramène à elle : les répulsions et les attractions atomiques, pour le savant, se définissent et s'entendent par le mouvement et par ses lois; pour le philosophe, qui rétablit la représentation dans sa complexité réelle, elles ont leur raison dernière dans l'appétilion, dans la finalité. « L'être élémentaire est une représentation pour soi, au moindre degré imaginable », il nous montre par la double loi de répulsion et d'attraction l'image de la double fonction qui, à tous les degrés de l'existence, distingue les individus et les associe en une vie commune. « Donnés à la fois pour soi et pour autrui, dans l'étendue comme