Troisième Essai, p
venir que « le dernier siège des phénomènes est en des êtres complets, c'est-à-dire définissables en tant que représentations » ; il doit par exemple reconnaître « dans la loi de gravitation d'abord la loi démontrée et certaine, ensuite l'attraction appétitive donnant représentativement dans les êtres élémentaires ce que les mouvements donnent en représentés pour nous ^ » En un mot, « il faut chercher à tout expliquer dans la nature mathématiquement et mécaniquement, et en même temps savoir que le mécanisme n'est que l'apparence extérieure de la nature, que ce qu'il y a au fond, c'est la pensée- ».
Avertis par la critique, nous ne serons pas tentés d'ériger le relatif en absolu, le mécanisme en une explication de l'être, de donner pour conclusion aux sciences positives la mythologie substantialiste, le roman des métamorphoses qui font sortir le défini de l'indéfini, le supérieur de l'inférieur, au terme tout du néant. Nous rejetterons décidément toutes les théories qui ne sont que des formes de cette illusion. Le mécanisme réussit par abstraction, il élimine toutes les différences spécifiques, tout ce qui est proprement qualificatif pour ne considérer que les mouvements qui sont liés à la production et au progrès de la qualité. Déterminer l'équivalent mécanique d'un phénomène n'est pas réduire ce phénomène au seul mouvement, il reste quelque chose qui n'y est point réduit, et c'est précisément ce qu'il a de propre, de spécifique, d'original. On n'explique pas le supérieur par l'inférieur; dans le supérieur, par une abstraction qu'il ne faut point oublier, on ne considère que l'inférieur, c'est-à-dire certaines conditions dont l'étude est plus facile que l'étude directe des phénomènes eux-mêmes. Les différences qualitatives ne cessent pas d'exister parce qu'on les néglige, de l'une à l'autre il n'y a pas continuité mais progrès. « En