‹ La philosophie de Charles RenouvierChapitre 133 sur 182 · Psycholof/ie rationnelle, t. II, p · texte numérisé non relu

Psycholof/ie rationnelle, t. II, p

ne croit pas nécessaire de faire intervenir cette matière spéciale, ce lluide impondérable, environnant et pénétrant tous les corps, pour expliquer la lumière, la chaleur et l'électricité. « Il n'est pas démontré que les vibrations des corps eux-mêmes ne se puissent prêter à la conslruction d'une théorie équivalente. » Quand on tient le mécanisme pour ce qu'il est, pour un langage, on n'éprouve pas le besoin d'hypothèses qui tendent à l'ériger à l'absolu, en dissimulant la réalité qu'il exprime. Toutes les forces physiques, son, chaleur, lumière, électricité, sont en un sens des mouvements, mais, « au fond, dans l'essence des êtres », elles sont encore autre chose, elles sont des qualités originales qui répondent à la différence des sensations qu'elles excitent en nous. Qu'est-ce qui répond dans les êtres réels, représentation pour soi, à nos sensations, nous ne pouvons le dire : « mais il n'y a pas d'empêchement à ce que nous supposions dans l'état des corps qui nous font éprouver des sensations de chaleur, de lumière, d'autres encore, quelques modes plus analogues à la sensibilité que ne le sont les mouvements, objets des sciences physiques \ » Du mouvement à la lumière, à la chaleur il y a un progrès qualitatif que la science néglige de parti pris. « Réduire la physique à la mécanique, ce n'est point prétendre qu'il n'y ait en réalité rien que de mécanique dans la matière concrète de la physique ; c'est dire que son objet spécial et en quelque sorte abstrait, puisqu'il est établi à l'aide d'abstractions nécessaires, est essentiellement de forme mécanique. C'est assurer que les lois mécaniques s'étendent dans la nature aussi loin que les faits d'un ordre plus complexe, et, les accompagnant, sont de ceux-ci la partie la plus propre aux déterminations précises et à ia précision scientifique. Mais n'est-il pas clair qu'il devait en être ainsi, dès que les lois de nombre, de position et de succession, auxquelles se rap-

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