Trohième essai, p
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OU subjective, c'est-à-dire du genre d'une volonté appétitive, autant que nous pouvons nous en rendre compte, a son siège dans un être distinct, dans une fonction individuelle \ »
Des phénomènes physiques aux phénomènes chimiques le passage est possible; les uns et les autres, étant supposées les abstractions nécessaires, s'expriment avec une suffisante exactitude dans le langage de la pure mécanique; de ces phénomènes aux phénomènes biologiques au contraire, il n'y a pas de transition de théorie, il n'y a que des rapports de fait. Ici se place une rupture qu'aucun artifice ne permet d'éviter. Sans doute le savant peut n'étudier que les lois physico-chimiques impliquées dans les fonctions de l'être vivant, mais il ne réussit point à traduire symboliquement par ces lois le phénomène caractéristique de la vie. On reste en dehors et au-dessous de la vie, tant qu'on néglige la finalité immanente qui préside à l'évolution du germe, qui coordonne toutes les parties entre elles et au tout. « Ce qui caractérise la machine vivante, dit Claude Bernard, ce n'est pas la nature de ses propriétés physico-chimiques, si complexes qu'elles soient, mais bien la création de cette machine qui se développe sous nos yeux dans les conditions qui lui sont propres et d'après une idée définie qui exprime la nature de l'être vivant et l'essence même de la vie... Dans tout germe vivant il y a une idée créatrice qui se développe et se manifeste par l'organisation. » Cette idée créatrice n'est, pour le grand physiologiste, ni une explication, ni une hypothèse, elle est une métaphore qui lui sert à exprimer le rapport de causalité renversée qui caractérise les
1. Troisième Essai, p. 153-4. Cf. Psychologie rationnelle, t. II. p. 308 : « Quand des composés chimiques se font et se défont suivant des lois d'assemblages spécifiques pour lesquels différents corps apportent différentes aptitudes, je crois qu'il y a dans les éléments de ces corps quelque chose de ce que j'appelle, au point de vue mental, des forces ; à savoir jointes à des tendances ou appétits de certaine nature, et par conséquent à des perceptions de certain desré. »
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phénomènes évolutifs donl la fin est la raison trotre, le fait original de la vie qu'il ne veut que constater. Aucune découverte expérimentale n'est venue diminuer, si peu que ce fut, « l'intervalle gTossiôrement sensible des phénomènes propres de la vie et des lois des corps inorganiques ». Il y a loin de la synthèse chimique qui avec des éléments de nature organique compose une suite de corps, que l'on croyait ne pouvoir se former que dans l'organisme, à la construction artificielle d'une cellule ou d'un organe. Quant à l'hypothèse de la génération spontanée, non seulement elle ne réussit point à se vérifier, mais elle a contre elle l'expérience actuelle et elle en est réduite à invoquer des faits qu'il nous est interdit de constater. Pour éviter la force vitale, les « archées », les âmes immatérielles, pour ne pas sortir des phénomènes et des analogies qu'ils autorisent, le plus raisonnable serait peut-être de « supposer au centre et au fond de chaque évolution génétique un être antérieurement formé, quoiqu'inobservable et réduit à Fétat de germe insensible, dont les perceptions, les appétitions et les forces soient destinées à la coordination de tant d'éléments^ ». Qu'on accepte ou qu'on rejette cette hypothèse, il faut maintenir le caractère original des lois de la vie.
Le matérialisme regarde les phénomènes supérieurs de degré en degré, comme des produits ou comme de simples résultantes des phénomènes inférieurs, il change les rapports de fait en des liens occultes exprimés par des métaphores. A cette méthode d'universelle confusion, opposons la simple thèse de l'ordre et des lois suivant lesquelles des fonctions diverses se précèdent, se suivent, s'associent, en un mot se correspondent, sans que notre pensée puisse les réduire à l'unité,, si ce n'est par l'usage d'une vaine mythologie substantialiste et causaliste. Les fonctions physico-chimiques composent des groupes d'êtres bornés