Troisième E^sai, t. I, p. 188-y
à ces mêmes fonctions, cest-à-dire « limités au degré de conscience, de passion et d'invariable spontanéité qu'exigent les forces attractives et répulsives, simples puis modifiées selon les dislances, les rencontres et les combinaisons. )) Composée mais distincte de ces êtres primitifs, la cellule est un être sui f/etteris, un ensemble de fonctions originales, comme les organes qu'elle forme et le tout auquel ils conspirent. « Ainsi les composés physiques, êtres pour eux-mêmes, sont des conditions, sous lesquelles se produisent les fonctions organiques et vitales, êtres nouveaux, lois irréductibles, qu'il ne faut que tâcher de voir comme elles sont. Ceux-ci, à leur tour, avec des organes de plus en plus individualisés et centralisés, sont le théâtre oii paraissent la sensibilité, Fintelligence, le mouvement, la volonté. » De ce que l'existence supérieure trouve ses conditions dans l'existence inférieure, il ne faut pas conclure « que les fonctions de la vie se ramènent aux simples forces attractives et répulsives, non plus que l'entendement et la liberté aux actions vitales^ ».
L'œuvre de la critique est ici, en justifiant les méthodes et les résultats des sciences, de ne pas céder aux illusions, de rétablir la logique dans ses droits méconnus. Les abstractions scientifiques sont légitimes, mais sous la réserve qu'on ne s'imagine point avoir expliqué du réel ce qu'on en néglige. Nous restituons la réalité concrète, oubliée pour le symbole abstrait qui en traduit commodément les formes. Tout être ou élément réel d'être existe pour soi comme une certaine fonction représentative, quoique variable par l'espèce et le degré. Les forces et les instincts élémentaires, supposés déjà sous les attractions et les répulsions, causes des mouvements les plus simples, deviennent graduellement plus complexes, prennent une importance croissante qui rend plus difficile l'œuvre d'abstraction de la science, et, quand on