‹ La philosophie de Charles RenouvierChapitre 140 sur 182 · Troisième Essai, t. II, p · texte numérisé non relu

Troisième Essai, t. II, p

l'âge adulte. Celte explication n'est qu'apparente, selon Renouvicr, parce qu'elle revient à nier le principe du discontinu. « On a beau découvrir ou supposer des intermédiaires, le passage des forces physiques aux forces vitales, ou des forces vitales à la représentation claire et distincte d'un objet sensible, à un désir conscient, ou de cette conscience à la réflexion et à la raison et enfin à la moralité, restera au-dessus de toute explication, et nulle quasi-continuité n'en rendra compte; car, pour la continuité proprement dite, nous savons qu'elle est logiquement impossible et contradictoire^ ». On aura beau montrer l'animal encore présent en l'homme, insister sur les transitions qui dans l'individu môme conduisent de l'un à l'autre, supposer ces moments transitoires réalisés jadis dans la nature de certains êtres, « l'obstacle toujours réside dans le passage d'une espèce à une autre espèce, et d'une sphère de l'intelligence à une sphère supérieure, dès qu'il faut pour cela franchir un intervalle, bien que diminué, un intervalle de nature dans la succession des espèces, et non plus seulement de temps dans le progrès naturel d'un être unique, fidèle à ses fonctions spécifiques" ». Qu'est-ce donc quand nous voyons dans l'homme une antinomie véritable s'établir entre l'existence proprement humaine, entre la vie morale et la nature animale ? « Cet homme qui porte en soi la protestation contre un ordre de choses qu'il va bientôt nommer le mal, pouvons-nous concevoir qu'il ne soit pourtant qu'un développement pur et simple de ce même ordre? » La critique s'interdit le recours au miracle, comme elle renonce à la chimère de la continuité. En reconnaissant que dans une nature, définie comme un ensemble de fonctions harmoniques, l'ordre d'apparition des espèces ne doit pas être le pur jeu du hasard, il reste d'avouer que

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