‹ La philosophie de Charles RenouvierChapitre 143 sur 182 · Troisième Essai, t- II, p. 'J · texte numérisé non relu

Troisième Essai, t- II, p. 'J

roi'dre qu'elle propose pouvant être l'objet de nos spéculations et de nos espérances, sans nous entraîner dans le problème insoluble des origines premières ^ ». Si le mal n'est que limite, cette limite nous paraîtra soumise à une loi de décroissance liée au progrès des êtres naliirels, et c'est le maximum d'ordre ou de bien possible, dès qu'il faut nécessairement que des bornes soient données. « Au contraire, persistons-nous, malgré les déclarations des doclrines, à regarder comme un mal primilil", inexplicable, l'espèce de limite que nous voyons établie en ce monde"? Alors, si le mal ne peut être justifié à nos yeux, il est condamné du moins, son exécution graduelle nous apparaît dans lavenir. Tel est le véritable optimisme, dégagé de toute hypothèse religieuse particulière. C'est une foi et une espérance '. » Nous retrouvons l'optimisme encore mais « abaissé, dégradé » dans le panthéisme hégélien, sous toute ses formes, qui va répétant que le bien et le mal sont des moments corrélatifs d'un même développement, que le progrès change le mal en bien, et se fonde sur le mal qui est un simple moment du bien, que la fin, une fin universelle inconnue, hypothétique, chimérique, nulle en tout cas pour les individus, qui n'auront jamais rien à prétendre, projette une sanctification anticipée sur le passé et le présent, ses moyens éternels et ses facteurs nécessaires.

« Un certain optimisme reste toujours l'unique solution possible du problème général. Mais pour éviter la contradiction ou le ridicule, la justification du monde doit se détourner de la cause première inconnaissable, et se fonder sur l'hypothèse des fins, pour laquelle il est certain que l'homme qu'elles intéressent trouve des éléments déjuger dans sa raison, dans ses atTections et dans son expérience

1. Troisième Essai, l'" étlit., p. 179. La seconde ci li lion du Troisième Essai est de 1892; Renouvier, en maintenant le loxlcpi'imilil', le raccorde à ses dernières théories par quelques sujipressions et additions de textes qui se rapportent à la création et au problème du mal.

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