lôid., l" édit., p
même'. » Le nco-criticisme, partant d'ôlres relatifs, c'està-dire définis par des rapports et réo-is ja r des lois,iie peut se débarrasser du mal en y substituant le terme abstrait de limite. Toute détermination implique limita- tion, la limite est aussi nécessaire pour caractériser le bien que le mal. L'existence du mal physique ne peut être approfondie que par la distinction des fins prochaines et des fins ultérieures des êtres, les premières étant des moyens par rapport aux autres. Or les fins ultérieures sont inconnues, quand on tente de prolonger au loin la spéculation à leur égard. Un horizon étrojt borne notre vue, nous n'apercevons qu'un fragment des choses, sans réussir à le rajt^acher à r^^ il est une j^artie. Des phénomènes peuvent être incompatibles avec une fin proposée et prochaine, et être inditTérents ou utiles ou même nécessaires pour l'acquisition d'une fin plus éloignée. Un mal réel positif peut être le moyen d'un bien que nous n'apercevons pas et qui le justifie. La mort de l'être actuel peut être la condition de l'évolution des lois vitales au delà des bornes 011 nous la voyons enfermée. Cette hypothèse nous ramène, sous le point de vue de la finalité, au principe de l'optimisme : que l'ordrejlu moncle nepeut êti;c^ connu et jugé comme tel que dans l eJo,iUj en d'autres
termes que les mâiix particuliers spn^des conséquences ^J^ssâiT5B'"crirne Foi générale qui est le bien même,\ ; • Toujours se pose la question : pourquoi une opposition entre les fins ultérieures et les fins prochaines qui en sont les moyens'? pourquoi la loi générale du bien implicjuet-elle des maux particuliers? « La question reste dominée par l'impossibilité de scruter les origines de la nature et d'assigner un premier pourquoi aux phénomènes tels que nous les voyons - ». 11 resterait une ressource, celle de
1. 1'" édit., p. 187. Cf. 2' édit., p. 115 \o Luxle iiiudifié.
2. Troisième Essai, p. 119. Cf. Psychologie rationnelle, t. III. p. 182. «On n'a point à cherchei'pour([uoi l'ordre de la nature est assujetti à ces conditions de génération, d'assimilation, de renouvellement et de des-
rattacher le mal pliysique à un mal moral antécédent. Il se justifierait alors par la faute de celui qui n'en souffre que parce qu'il en est l'auteur responsable. « Cette voie paraît légitime ;elle nous tente, elle nous séduit; mais — ajoute Ronouvieravec une sagesse qui d'avance condamne sa dernière philosophie — elle est dangereuse en matière de foi comme l'a trop prouvé la doctrine de la métempsychose; et elle ne deviendra jamais suffisamment claire pour la raison, parce que nous voyons à la vérité des rapports particuliers très intimes entre les deux espèces du mal, mais nous ignorons tout à fait leurs rapports généraux, et ce sont eux qu'il s'agirait de déterminer. Il faut peutêtre se borner à les croire, et ne pas laisser prendre à r'imafjination trop de place dans la croyance ^ «Au lieu de nous tourner vers le passé, tournons-nous donc vers l'avenir, consolons-nous de l'ignorance à laquelle nous sommes condamnés sur les origines du mal en travaillant à le supprimer dans la mesure de nos forces, en nourrissant lespérance de son anéantissement par le libre effort auquel nous nous associons. « Que le philosophe du moins détourne sa vue du problème inscrutable de l'origine et du tout. Qu'il regarde à la fin et à l'avenir, c'est là qu'il trouvera la seule explication du mal qui soit à sa portée ; je veux dire l'espérance -. »
Ainsi, pour Renouvier, la philosophie de la nature n'est n'est pas une science de l'absolu, elle est l'intelligence du relatif; elle nous montre dans un perpétuel équilibre l'un et le multiple qu'on n'isole qu'en anéantissant la pensée. Tous les êtres se ramenant, en dernière analyse, à des représentations pour soi, on peut dire que l'être est un
ti'uclion qui ne sont, apW's tout, que les lois générales sans lesquelles cette nature n existernit pas: un tel problème impliquerait la détermination d'une cause absolument première, et par conséquent surpasse la connaissance... Nous partons de l'expérience, nous la supposons inévitablement, nous ne pouvons rendre compte de ce qui la précéderait. ».
1. Troisième Essai, t. II, p. 119. Renouvier a loyalement laissé ces lignes dans la deuxième édition : la suite est une addition destinée aies corriger.