‹ La philosophie de Charles RenouvierChapitre 154 sur 182 · Crilique philosophique, 1878, n · texte numérisé non relu

Crilique philosophique, 1878, n

2. Critique philosophique, 1884, I, 58. Sur riinmortalito, voyez : Critique philosophique, 1873, n» 12 ; 1878, n» 39, 40. Critique relifjieuse, 1878, p. \'ih. Esquisse d'une classification systématique, t. II, p. 294 sq.

PHILOSOPHIE DE LA NATURE Eï PROBABILITÉS MORALES 349

l'ordre naturel à l'ordre moral il n'y a, pour Kant, ni rapport ni transition, et le souverain bien n'est possible que par l'existence cViin auteur intelligible de la nature^. lienouvier rejette cette opposition de deux mondes, dont celui qu'on déclare intelligible est précisément celui qui échappe à l'intelligence. Si la conscience, sans sortir de l'expérience, reconnaît l'existence d'un ordre qui ajuste aux fins les moyens par lesquels elles sont rendues possibles, pourquoi se refuser à l'hypothèse d'une loi naturelle qui garantisse aussi les fins propres des êtres raisonnables? « Ajouter à la supposition d'un lien médiat entre la vertu et le bonheur l'hypothèse dun auteur intelligible de la nature^ n'est-ce pas dépasser le but qu'on se propose, quand il n'y a rien d'impossible à envisager ce lien médiat comme naturel aussi et comme vérifiable dans un ordre d'expériences futures'. » Le concept d'un souverain bien final des êtres raisonnables, posé comme loi même de l'univers, n'entraîne pas ipso facto cet autre concept beaucoup plus déterminé d'un auteur intelligent de la nature. Rien ne nous interdit de nous représenter limmortalité comme donnée par le développement des phénomènes, sous des lois générales aujourd'hui inconnues. « L'intervention de la cause suprême est donc superllue pour garantir une harmonie que l'on peut concevoir sans elle, et, de plus, nuisible, parce que l'on ne peut concevoir ni cette cause en soi, ni le monde comme son effet. » Est-il nécessaire de connaître l'origine d'une loi pour penser que cette loi existe ? Tenons-nous aux exigences de la raison, et gardons le nom de Dieu pour désigner la grande harmonie de la conscience et de la nature, « la cause réelle de ce souverain bien, où tend le monde, ce bien môme, en principe indéfinissable et incompréhensible'. »

I 1. Sur la Uiêologio de Kant, voy. : Psycholofjie ralionnelle, t. III, p. 14û

i sq. — Année philosophique, 1897, p. 16-20.

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