Psychologie ralionnelle, t. III, p
de la nature, m Dieu n'est que « la réalité de l'harmonie des lois du cosmos et du progrès des personnes. » Du point de vue proprement philosophique le postulat de la divinité se confond avec la croyance en un règne des fins ; « l'affirmation d'une loi propre à garantir la suprématie du bien dans l'ordre final des choses, la croyance à l'accomplissement universel d'une fin de moralité par des voies inconnues ne sont autre chose que la foi en Dieu sous la forme unique accessible à la raison ^ » Renouvier ne veut pas qu'on en conclue que le Dieu de la raison pratique peut se définir /a loi des lois ou l'ensemble des lois qui composent l'univers : ce serait revenir de l'ordre moral à un ordre matériel. Nous ignorons si les lois physiques forment une certaine unité, d'où elles procèdent primitivement et comment elles se subordonnent à des fins universelles. Appeler Dieu la loi des lois ou r ensemble des lois, ce serait « adopter un théisme vague, honteux de lui-même, et dont l'intérêt est nul pour la conscience : une autre forme de l'athéisme en un mot. Mais laisser là le Tout et l'Un, dont la conception réelle est impossible, la définition illusoire, et, quelle que soit la fonction, totale des lois de l'univers, s'attacher par la croyance à l'existence d'un ordre de Bonté qui sauve la personne et assure la victoire au Juste, c'est affirmer Dieu, sans autre chose en connaître ". »
En nous élevant « de la loi morale, comme donnée de la conscience, à la loi morale comme donnée de l'univers », nous affirmons « le règne du Bien, le règne de Dieu dans l'entier développement des phénomènes ». La croyance rationnelle ne nous permet point d'aller au delà. Dès que nous prétendons nous prononcer sur la nature de Dieu, le réaliser en une personne, nous entrons, à dire vrai, dans le domaine religieux, nous avons « à prendre un