‹ La philosophie de Charles RenouvierChapitre 158 sur 182 · Essai de logigue générale, i'" édit.. p. 3G · texte numérisé non relu

Essai de logigue générale, i'" édit.. p. 3G

nellcs absurdités qui défigurent le vrai concept d'une personnalité divine placée à l'origine des phénomènes, et faussent la croyance en Dieu qu'elles ne soumettent à l'intelligence qu'en forme d'idées contradictoires \ » Toute cette théologie de l'absolu ne se sauve du panthéisme que par un parti pris d'associer la personnalité h des attributs métaphysiques qui en sont la négation, de distinguer l'univers de Dieu en supprimant tout ce qui donnerait un sens à cette distinction. Le Dieu des théologiens tombe avec la substance, l'infini, la nécessité ■. Contre ce Dieu la critique est athée : « Si la signification de l'athéisme était d'exclure la fantaisie d'un substrat quelconque, esprit, matière ou substance; d'exclure la cause substantielle ; d'exclure aussi les dogmes de la fatalité aveugle et de la prédestination volontaire du monde ; de proposer pourobjet à la science, non plus le tout infini, impossible, contradictoire', non plus l'univers tiré du néant par la vertu et pour la satisfaction d'un être primitif, unique et universel, indéfinissable, inintelligible, mais la série des lois que la démocratie visible des êtres réalise dans la nature et dans les cieux : cet acte de la pensée par lequel un homme libre renverse tout à la fois l'idole matérialiste ou panthée, et détrône l'absolu, roi du ciel, dernier ap^tui dos rois de la terre, l'athéisme serait la vraie méthode, la seule fondée en droite raison, la seule positive ^ » Mais l'athée déclaré presque toujours sacrifie au matérialisme; il restitue toutes les erreurs de la théologie en les démoralisant encore.

Comme le Dieu absolu, Renouvier rejette la création. Fidèle à sa méthode, il refuse de poser la question de l'origine première : on accepte ce qui est, on ne le déduit pas. Pas plus qu'il ne peut sauter hors de son ombre, l'homme ne peut remonter au delà des catégories, penser

i. Esquisse d'une classification syslémalique, t. II, p. 203.

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