Psijcholofjie rationnelle, t. III. p. 2o
l'IlII.OSOPlHE DE LA NATLIIK ET PROBABILITÉS MORALES 357
de la nature'. » A parler striclemcnt, le miracle n'est ni logiquement, ni physiquement impossible, mais, outre que le vertige mental suffit à l'expliquer, la science tend à l'exclure. Nous devons donc réduire l'action présente de la Providence « à l'action sur les âmes, aux suggestions morales, à l'appui fourni aux bonnes passions dans les luttes de la liberté, en un mot à la grâce. L'idée de la prière doit subir une épuration semblable. On ne doit demander à Dieu que le possible, c'est-à-dire que des effets de l'exercice de la liberté divine dans la sphère encore ouverte à la liberté'. »
La théologie de l'absolu ruinée, l'idée du Dieu un, personnel, en qui se réalise l'ordre de bonté, que suppose le progrès moral des personnes, se justifie de toute contradiction et nous devient intelligible. Mais l'hypothèse de l'unité s'impose-t-elle ? Nous apparaît-elle comme le complément naturel, légitime, moralement inévitable de la croyance rationnelle à l'ordre moral ? Dès que nous cessons « d'être sollicités par l'appât de cette science surhumaine et surintelligible qui jusqu'ici se confondit toujours avec le théisme », l'intervalle se comble, « qui autrefois séparait les deux «rands courants du sentiment religieux de l'humanité : le courant des races monothéistes, intolérantes, fanatiques, dont les bannières portent ces devises de proscription : Je suis celui qui suis ; il n'y a de Dieu que Dieu; et le courant des peuples polythéistes, à l'esprit ouvert et compréhensif, d'imagination libre et de raison sévère, adorateurs toujours prêts de toutes les formes <livines, théoriciens impartiaux cherchant la vérité \ » La pluralité des dieux est possible. La croyance en l'immortalité des personnes nous ouvre la voie du polythéisme par les apothéoses. Rien ne nous interdit encore de placer