Psychologie rationnelle, t. III, p
« dans le ciel, c'est-à-dire dans les régions supérieures de la -conscience et de la nature des séries d'êtres qui surpassent l'homme en intelligence, en organisation, en pouvoir, en moralité ». La pluralité n'est point inconciliable avec l'unité, le Dieu un serait alors la première de ces personnes surhumaines, rex hominum deorwnque.
De ces deux doctrines, unité, pluralité, pour laquelle enfin nous prononcer ? Nous ne pouvons plus invoquer ici des motifs de croire d'ordre rationnel et propres à s'universaliser : « prendre un parti, c'est professer une religion ». Remarquons seulement que les deux thèses de l'unité et de la pluralité en religion s'opposent comme les idées monarchiques et républicaines en politique.
Dans la thèse de l'unité, Dieu est un monarque tout puissant, de qui tout émane, à qui tout revient, cause et fin de tous les êtres, juge suprême, qu'on adore de loin, en tremblant, dont la grandeur imaginée pousse aux spéculations sur l'absolu, et menace d'anéantir la liberté des personnes, comme elle trouble leur intelligence. La doctrine de la pluralité se résigne aux ignorances nécessaires, renonce aux cosmogonies, ne s'interroge pas « sur l'origine et la cause des êtres constitués, et particulièrement des personnes », elle admet que l'ordre, les lois, le bien se développent, elle tend à envisager le monde comme une république des Etres. « La société humaine se passe de rois avec des lois. Ces lois mêmes, qui sont des actes de volonté collective, tendent à se confondre avec l'ordre des fonctions propres de l'humanité. Pourquoi la société naturelle, indéfinie des êtres devraitelle relever sciemment d'un souverain absolu, d'un législateur autonome et d'un juge qui n'est point jugé? Ne pourrait-elle suivre ou constituer des lois qui lui soient immédiatement inhérentes^ ? » L'homme s'élève à la plus haute dignité, il est libre, il dépend de lui-même, il fait