‹ La philosophie de Charles RenouvierChapitre 164 sur 182 · Psychologie ralionnelle, t. III, p · texte numérisé non relu

Psychologie ralionnelle, t. III, p

individuelle et de la tradition sociale. Relativiste, il reste dans la relation, il se refuse à poser les questions d'origine : il ne se demande pas d'où vient le mal, il cherche comment il pourrait finir, il se tourne vers l'avenir, au lieu de se perdre dans des spéculations vaines sur un passé que nous ne pouvons pénétrer et qui n'est point ouvert à l'espérance; il ne remonte pas du monde à un Dieu créateur, dont l'action sans rapport à ce que nous pouvons concevoir n'ajoute au donné qu'un mystère. Adversaire de l'infmi, il nie le Dieu des théologiens; il n'admet qu'un Dieu limité, personnel, dont nous trouvons le type en notre propre conscience; phénoméniste, il se refuse aux prétendues idées qu'on ne peut imaginer et qui ne se déterminent que par des négations, il reste dans l'expérience, il étend le monde que nous voyons, il n'en sort pas; philosophe « du plusieurs », il applique la loi du nombre non seulement à la pensée divine, mais aux Dieux mêmes, et, mettant au cœur des choses avec la contingence, la liberté, le contrat, il substitue à la monarchie céleste la république des êtres supérieurs qui s'accordent dans l'effort vers le bien et travaillent de concert à assurer, avec le progrès moral, le règne des fins. Renouvier, sur le tard, devait se lasser de cette retenue, céder lui aussi au vertige des affirmations téméraires, et combinant avec son premier système des idées conçues sous d'autres préoccupations, ruiner tout à la fois l'originalité et la cohérence relative du néo-criticisme.

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