Critique philosophique, 1873, l. II, p. Ii
LA DERMERE PHILOSOPHIE DE IlE.NOUVIEn 365
gion de l'autorité qui nous a rendus incapables de l'ordre, indignes de la liberté, impropres au gouvernement des lois? On voulons-nous faire un effort, aujourd'luii que le catholicisme se discrédite de plus en plus par ses excès, pour tourner la foi religieuse du côté où non seulement elle est plus grave et sérieusement moralisante, mais où elle s'unit avec cette liberté de l'esprit qui engendre toute morale et toute philosophie '.
Renouvier ne demande pas aux libres penseurs de se convertir, d'accepter les dogmes du christianisme, il leur offre seulement un moyen pratique de soustraire leur pays à l'influence désastreuse du catholicisme, « en changeant l'état civil religieux des familles » ; de substituer « à une religion qui est le fléau et qui peut être la mort des peuples de tradition latine, à une religion de servitude, telle que le papisme, une religion de liberté". » La décadence des peuples catholiques en opposition à la prospérité des peuples protestants est une leçon de l'histoire, dont il est grand temps que nous tirions les enseignements. Pour propager l'idée d'un changement d'inscription religieuse, Renouvier en 1878, ajoute à la Critique philosophique la Critique religieuse : « travailler à la véritable intelligence du protestantisme, et par là à son extension dans notre pays, ce serait servir les intérêts de la civilisation en général et aider puissamment au progrès des peuples de tradition latine, césarienne et papiste\ » Dans la Critique religieuse, des pasteurs libéraux, répondant à l'appel de Renouvier, exposent la théorie de la foi, de la rédemption, discutent sur l'origine du mal, le péché originel, la Ihéodicée, interprètent le dogme chrétien, montrent son rapport au néo-criticisme, avec lequel ils proposent de « conclure une alliance sérieuse et durable ».