‹ La philosophie de Charles RenouvierChapitre 169 sur 182 · Critique philosophique, 1878, n» 33, t. Il, p · texte numérisé non relu

Critique philosophique, 1878, n» 33, t. Il, p

venu à des philosophes de faire dépendre la vie ou la mort de l'âme de l'adhésion à leurs doctrines propres \ De deux choses l'une : ou nous partons du pyrrhonismc pur, de l'impossibilité de discerner le vrai du faux, et alors le catholicisme n'a pas plus de droit que qui que ce soit n'en a, au nom de la première billevesée venue, de nous proposer un choix dont notre salut éternel dépend, il n'y a plus de pari forcé parce qu'il y en a autant de possibles que de relations arbitraires, telles que celle qu'établit J.-J. Rousseau par exemple; ou le catholicisme a des litres ù produire, et alors il faut les examiner, peser les témoignages sur lesquels il s'appuie ; nous rentrons dans le domaine des preuves, nous n'avons plus à accepter un pari, qui se trouve rejeté après une critique qui le rendra superflu. « L'argument vous êtes embarqué, le pari imposé au nom de la religion catholique, tirait toute sa force de l'établissement imposant de l'Eglise et de la maxime de celle-ci : hors de l'Eglise point de salut » (II, 300). C'est ce caractère imposant, ce rôle historique du catholicisme qui tout à la fois distingue et rapproche Pascal de J.-J. Rousseau. Pascal ne tombe pas dans la superstition pure, il n'invente pas des relations tout à fait gratuites, à la manière des fétichistes, des astrologues, des joueurs, entre des faits rapprochés par l'imagination ; car l'Eglise catholique était là pour donner un poids sérieux au rapport établi entre la messe et la vie future, sur l'esprit de cet homme qui eût été probablement protestant, et même dissident, s'il fût né en Angleterre". Mais d'autre part le pari de Pascal n'est pas sans rapport avec le vertige mental de J.-J. Rousseau : à prendre les chose rationnellement, il n'y a aucune relation entre le catholicisme, ses dogmes, ses pratiques, et le salut de l'àme, et c'est une habitude toute subjective, une association arbitraire, accidentelle d'images qui l'établit dans l'esprit de Pascal.

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