‹ La philosophie de Charles RenouvierChapitre 170 sur 182 · Ihid., 1878, t. Il, p · texte numérisé non relu

Ihid., 1878, t. Il, p

Mais si, au lieu de faire porter le pari sur les prescriptions d'une religion particulière, nous le faisons porter sur les termes de Talternative, à laquelle, en dernière analyse, se ramène le problème philosophique, l'argument reprend un sens et une valeur. Celui qui croit à l'harmonie finale du bonheur et de la Acrtu, celui qui affirme qu'un ensemble de lois préétablies assure à l'homme, après sa mort, une destinée qui dépend de l'exercice de sa libre pensée, de sa croyance et de sa conduite ici bas, celui-là se met dans une situation particulière qui n'est pas celle du négateur, au cas du moins où ce qu'il affirme est vrai. Le postulat premier, auquel est suspendue la philosophie de la conscience, est un véritable pari, parce qu'il y a une allernalive, un choix qui dans l'avenir sera justifié ou démenti par les faits, et qui entraîne pour celui qui l'a fait un gain ou une perte, selon que l'hypothèse de la vie future et de ses sanctions se sera trouvée réelle ou illusoire. Ici le pari est forcé, nous ne pouvons échapper à la nécessité de nous prononcer sur l'existence d'un ordre moral de l'univers. Vainement le positiviste se récuse, n'admet pas le problème, sous prétexte que les données manquent à sa solution : si vraiment il existe des lois qui lient notre destinée à notre conviction et aux actes qui l'expriment, l'indifférence revient à parier contre, aussi bien que la négation formelle ; le positiviste aura perdu, il subira les conséquences de son abstention et de la conduite qu'elle lui aura dictée. Si de telles lois n'existent pas il aura gagne, « mais dans tous les cas, il y a pari forcé, et celui qui ne parie pas pour parie contre dans le fond, et doit gagner ou perdre nécessairement \.» Ainsi épuré, généralisé, transporté des imaginations arbitraires d'une fausse religion aux plus universelles des notions et affirmations morales auxquelles l'esprit puisse s'élever, le pari de Pascal s'impose à tout homme, comme le problème môme

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