‹ La philosophie de Charles RenouvierChapitre 172 sur 182 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

général de relations et de fonctions. La radicale incompréhensibilité de l'acte créateur n'est après tout pas autre que celle du premier commencement lui-même, elle est celle que présente tout acte sans antécédent qui le détermine. « On ne peut pas dire que I impossibilité de comprendre l'essence du rapport produit par l'acte libre d'une conscience créée et conditionnée soit moindre que linipossibilité de comprendre l'essence du rapport produit par l'acte créateur dont une telle conscience elle-même a pu procéder. En effet le premier de ces rapports, quand on considère les passages de la conscience par des représentations diverses et opposées, au cours d'une délibération où des motifs sont tour à tour évoqués ou repoussés, consiste en ce qu'une pensée peut faire qii inie pensée autre, une pensée contraire devienne. Or cela est si complètement incompréhensible, qu'on ne voit pas en quel sens on dirait que quelque autre chose l'est davantage, quand d'ailleurs elle n'est pas contradictoire en soi : comme, par exemple, qu'eme conscience parfaite a jm faire que des consciences imparfaites, à la fois libres et conditionnées par elle, soient vernies. Cette dernière formule est celle de la création, de même que la première est celle de la liberté conditionnée '. »

A la prendre en elle-même, cette théologie est-elle bien cohérente? Selon Renouvier, tout se réduisant en dernière analyse à la représentation, les lois n'existent qu'autant qu'elles sont des représentations dans une intelligence; donc l'ordre de la nature, la coordination des effets et des causes, supposent une conscience universelle. Remarquons d'abord que , dans la première forme de son néo-crilicisme, Renouvier ne voyait pas la nécessité de tirer de la même théorie cette conséquence. En second lieu, les lois n'étant que les fonctions, qui relient les représentations dans une même conscience ou

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