Critique pliilosophique, 1873, n
les mouvements, en dépit de leur continuité apparente, sont « tous formés d'actes d'initiative et de commencement », quand on les envisage en eux-mêmes. Les liaisons mutuelles de leurs éléments sont des lois, des fonctions mathématiques, au-dessus desquelles il ne nous est pas donné de remonter. L'idée de cause se modifie, se transforme, elle se purifie des images grossières de contact, d'impulsion, de transitivité, de passage dune force d'un objet dans l'autre, elle se rapproche de la notion de loi, elle est l'idée d'une relation définie entre deux phénomènes : « la vieille idole de la causalité et toutes les images qui lui font cortège se réduisent, pour notre connaissance réfléchie, à l'harmonie des phénomènes, et à la conscience, à l'expérience que nous avons de leur enchaînement déterminé et invariable dans certains cas, pour de certains antécédents donnés ^ »
Le principe que tout ce qui est donné est soumis à la loi de la quantité finie est fécond en conséquences. Si la loi du nombre ne donne pas une philosophie positive, tout au moins elle la prépare, et par ce qu'elle exclut elle pose les conditions qui déjà en déterminent l'esprit. Avec l'infini, l'idole de la substance est tombée, plus de choses en soi, il reste le pur phénoménisme. Ce monde de phénomènes ne peut être que fini dans l'espace, fini dans le temps. La position d'un premier commencement des phénomènes nous délivre du panthéisme sous toutes ses formes, prépare la négation de la nécessité en mettant la contingence au principe môme des choses, justifie l'anthropomorphisme, annonce une théologie nouvelle. Appliquée à la composition des phénomènes dans l'espace, à leur succession dans le temps, la loi de la quantité discrète conclut à une sorte d'atomismeà la fois spatial et temporel; revendication du principe de discontinuité, elle nie le continu, le plein, le nécessaire, elle pose des actions