Critique philosophique, 1884. t. II, p
qui les lie tout ce qui est nécessaire pour exprimer et pour définir, dans le llux des phénomènes, des existences distinctes et durables. « Nous pouvons restituer aux phénomènes, sous la forme de lois, les éléments de stabilité et de règle, dont l'élimination de l'idée de substance, par Teffet dun premier éblouissement, semblait les priver\» Il faut faire ce qu'a fait la science, laisser une fois pour toutes les discussions vaines sur la chose en soi, résoudre l'idée d'être dans l'idée de rapport. Ainsi à l'idée de substance le néo-criticisme prétend substituer les idées scientifiques de loi, de fonction; voyons comment il définit ces concepts, et par leur application réussit à constituer avec les seuls phénomènes des êtres réels tels que ceux qui nous apparaissent.
Tout est relatif, celte vérité résulte, nous l'avons vu, de la définition même de la représentation qui se constitue par l'opposition de deux éléments, le représenté, le représentatif, que nous ne saurions isoler. Mais le phénomène n'est pas seulement relatif en ce sens qu'il est le rapport de deux éléments dans la représentation, il l'est encore en ce sens qu'il ne nous est jamais connu qu'en relation avec d'autres phénomènes. Nous n'atteignons jamais le fait élémentaire qui se suffirait à lui-même, le simple, l'absolu, qui nous serait donné en dehors de toute composition, de toute synthèse. Il n'est point de partie qui en un sens ne reste encore un tout, par là un objet d'analyse possible. « Il ne faut pas objecter que tout rapport impliquant des termes, implique par là quelque chosequi n'est point relatif; tout au contraire les termes ne sont intelligibles que dans leurs rapports. Et il ne faut pas dire que le relatif suppose l'absolu et le démontre, car l'absolu luimême n'est que le corrélatif du relatif. Ces deux termes sont la négation l'un de l'autre'. » Bref, rien ne nous est