‹ La philosophie de Charles RenouvierChapitre 36 sur 182 · Premier Essai, t. 1, p · texte numérisé non relu

Premier Essai, t. 1, p

de nouvelles relations ne leur sont pas imposées? Et de même pour ce qui esl de l'immanence, c'est-à-dire du rapport du sujet à ses attributs, est-il nécessaire de poser d'une part les modes, de l'autre la substance, d'une part les qualités, de l'autre l'être qui les suppoi'te et dont elles s'affirment? Le sujet n'est que la synthèse régulière des phénomènes qui le composent, il ne s'oppose à ses qualités que parce qu'il est leur ensemble, leur unité; mais par hypothèse si on supprimait toutes les qualités, il ne resterait qu'une abstraction réalisée, un rapport n'étant rien en dehors des termes qu'il unit. « Entre plusieurs phénomènes liés, on peut en distinguer un comme attribut de l'ensemble des autres, auquel ensemble on conserve le nom qu'il portait avant que la séparation se fît. On dira par exemple que la résistance est un attribut de la matière, l'étendue de même; qu'est-ce pourtant que la matière, abstraction faite de ces attributs? On appellera l'imagination, la raison, etc. des facultés (propriétés ou attributs) de l'esprit; mais on ne connaît cet esprit dont on parle que comme une synthèse de ces mêmes facultés, ou des phénomènes enveloppés sous leur nom \ » Nous n'avons donc pas besoin de dépasser l'idée de loi pour justifier les rapports d'attribution régulière qu'implique la logique et la grammaire.

Mais l'existence n'est pas suffisamment définie par la synthèse permanente d'un ensemble de phénomènes ; l'existence n'est pas pure identité, elle est changement dans l'identité relative. Après avoir considéré les phénomènes comme groupés par des lois de coexistence, il faut les considérer comme régis par des lois de succession et de déterminabilité mutuelle. La loi nous fait envisager les relations en elles-mêmes, à l'état, pour ainsi dire, d'immobilité ; la fonction, dont Renouvier emprunte le concept aux mathématiques, est une loi plus complexe, une

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