Critique philosophique, 1872, I
12G LA PHILOSOi'Ull': DR UKNOUVir.U
Renouvier, celle conliimilé a[)|);ii'eiile prouve pi'écisément que l'espace cl le temps sont des formes de la repi-ésentalion, elle ne deviendrail contradictoire que si nous faisions de ces formes de la représentation des choses en soi. La possibilité de pousser toujours plus loin la division des grandeurs continues n'exprime que la puissance de la pensée de poursuivre cette opération sans être arrêtée jamais. Soit, mais, s'il en est ainsi, nous ne pouvons plus considérer l'espace et le temps comme des lois du représenté, car ce serait conférer une véritable existence au continu. L'espace, répondra Renouvier, est bien une loi du représenté : « les êtres élémentaires sont donnés pour eux-mêmes et les uns pour les autres sous les lois de rétendue, puisqu'ils sont essentiellement des représentations et que nulle représentation n'est exempte de lier ses objets à des rapports de lieu, non plus que de projeter ses propres virtualités sous les mômes conditions. De là résulte la réalité de l'élendue, aussi profonde, aussi assurée que celle des êtres qui tous l'impliquent', w Dun mot vous ne pouvez pas plus séparer l'existence de l'espace que de la représentation. Il y a ici un malentendu qu'il importe de dissiper : l'espace est une loi du représenté, en ce sens qu'il est une loi de la représentation et que rien n'est donné que dans la représentation et par elle,' mais non plus en ce sens qu'il exprimerait la nature des choses, puisqu'il la fausse. Quand j'universalise, quand j'objective l'effort, qui répond à la loi de cause, la passion, qui répond à la loi de finalité, je pose une détermination du réel conforme à la nature des choses ; si j'universalise, si j'objective l'intuition spatiale, je tombe dans la pire des illusions, je réalise le continu et rinfini, je contredis la première loi de la pensée. Les êtres et les événements atomiques, discontinus, revêtent dans la représentation, en tant qu'étendus et