Premier Essai, l. III, p
LA SYNTIIKSF, TOTALE la»
phie soi-disant scientifique, c'est de partir d'une notion confuse, c'est de ne pas définir la nature de la force, élément primordial, qui se retrouve en tout ce qui est. L'idée de force est une idée très claire, quand on la prend dans le sens précis que lui donne la mécanique qui la définit par le mouvement môme et par ses rapports; elle est ce qu'il y a déplus vague, de plus indéterminé, quand on l'imagine comme une qualité qui change, une substance qui se métamorphose, une cause inassignable qui devient tout ce qu'elle fait. Si la force des évolutionnistas est un concept ambigu, que dire de leur grand principe de la transformation des forces '? De deux choses, l'une : ou l'on prend le mot force dans un sens scientifique, il ne s'agit alors que d'un mouvement donné, que d'une somme de forces vives (mécaniques) qui va se composant et se décomposant mécaniquement ; « rien ne se convertit rien ne se transforme, non plus, par exemple, que la force appliquée au sac de sable qu'un aéronaute vide du haut de sa nacelle' ; w ou l'on entend la force dans un sens vague, qualitatif, comme une substance qui se transforme, et alors on ne ramène plus la physique à la mécanique, on revient à la physique des essences, aux qualités occultes. Ce nouveau matérialisme naît d'un mélange bâtard des catégories de qualité et de quantité, on peut le définir « une tentative pour construire la synthèse du monde sous la notion de qualité déguisée en notion de force. » Spencer suit les transformations du mouvement en chaleur, lumière, affinité chimique, émotion, pensée, et le retour de ces modes au mouvement par une transformation inverse. Ces métamorphoses rappellent celles du poète : ce sont des fictions mythologiques. Pour parler son langage, qu'est-ce que Veiigendrement d'une émotion par la mè lainorphose d'une vibration ! Comment savez-vous qu'un mode de mouvement devient un mode de sentir? Qui vous a dit que le