‹ La philosophie de Charles RenouvierChapitre 64 sur 182 · Premier Essai, t, III, p · texte numérisé non relu

Premier Essai, t, III, p

lo6 LA PHILOSOPHIE DE RENOUVIER

mouvement se dépense pour produire une idée, quand le comble de la science — encore n'est-ce qu'une espérance éloignée — ne consisterait jamais qu'en rétablissement d'une correspondance entre cette idée et ce mouvement. « Une philosophie comme celle-là se réclame bien vainement de l'expérience et des sciences expérimentales : ses véritables analogies sont dans telle cosmogonie de la haute antiquité : du Chaos naquirent l'Erèbe et la Nuit; de l'Erèbeet de hiNuit, l'Ether, l'Amour et l'Entendement' ». L'évolutionisme est une nouvelle forme de la métaphysique, une philosophie de la substance, un eiïort contradictoire « pour construire la synthèse da monde par l'idée d'une qualité protéit'orme ayant sa racine elle-même dans la quantité. »

Renouvier se défend de s'opposer à la tendance qui, depuis Descartes, prévaut dans la science ; il applaudit aux découvertes de Mayer, de Joule, de Grove, il accorde « que l'investigation physique cherche et définit, dans tout phénomène de son ressort, un mouvement », il va jusqu'à reconnaître « qu'il n'est pas absurde de supposer qu'on trouvera l'équivalent mécanique de la conscience. » Mais il n'y a rien de commun entre déterminer des équivalents, c'est-à-dire établir des correspondances, des relations, des lois fonctionnelles, et supposer dans la nature des transformations et des métamorphoses. L'erreur fondamentale de lévolutionnisme, selon Renouvier, est une fausse idée de la cause, identifiée avec la substance, considérée comme existant avant son effet et non dans sa relation avec lui, posée comme quelque chose d'absolu, comme une action transitive qui disparaît dans ce qu'elle produit, et non comme une loi, comme un rapport qui s'établit entre deux phénomènes et se définit par eux.

L'effort pour expliquer le supérieur par l'inférieur, le

Page 1