‹ La philosophie de Charles RenouvierChapitre 71 sur 182 · Psychologie rationnelle, t. I, p · texte numérisé non relu

Psychologie rationnelle, t. I, p

168 LA PHII.OSOPHII': DE REXOUVIER

ne se ramène pas aux lois inférieures qu'elle domine; elle s'en dislingue: elle a quelque chose d'original, elle est la vie mème^

A mesure qu'on s'élève dans réchelle des êlres vivants, les fonctions organiques de plus en plus se spécifient, en même temps que la loi de concentration individuelle les coordonne plus étroitement; au terme })araît un organe nouveau, le système nerveux, et avec lui des fonctions nouvelles, la sensation, l'intelligence, la passion, la volonté. « Entre ces deux points de vue de l'animal, l'animal organique doué d'un système nerveux, et l'animal sensible, la même loi de distinction et d'harmonie doit être posée qu'entre l'organisme et les lois physico -chimiques, ou encore qu'entre celles-ci et les pures lois mécaniques. Toutes les fonctions antérieures se réunissent pour établir la base, sur laquelle la sensibilité s'élève,... mais le problème de la réduction de la sensibilité aux lois inférieures n'a aucun sens raisonnable '. »

1. Renouvier répugne raèrae à l'idée « d'une force agissant sur le tout et préexistant dans le germe, dans le louL polenliel, en sorte que, suivant une formule de Kant, la raison du mode d'être de l'orrjanisme est dans le tout et non dans chaque partie pour elle-même... Si la force est posée en soi,... les forces spécifiques des diverses parties, des divers éléments organiques, ne sont plus rien pour elle-même ; l'harmonie disparaît devant la création ; au lieu d'êtres associés selon certaines lois de sujétion et de métamorphose, on se trouve en face d'une abstraction chargée de tout produire et de tout gouverner... Une fin peut se réaliser par une association de phénomènes convergents, donnés cependant pour soi, dans des êtres pour soi ; il n'est pas nécessaire qu'elle soit présente, avec une force à ses ordres en tant que principe un et primordial de chaque organisme complexe... Etendons nos vues, la formule de Kant est vraie, mais n'en limitons pas l'objet, appliquons-la à celte loi générale de l'harmonie naturelle et de la conspiration des parties pour le tout, sans laquelle le monde n'aurait plus de sens pour nous. La véritable question des causes finales, celle de leur siège, si elles en ont un en dehors des consciences particulières, et cela dès lors dans une conscience antérieure à toutes les autres, embrasse la nature entière et non pas seulement l'organisme. La biologie ne la résoudra point. » Psycholorjie rationnelle. \, p. 49-31. Tout se ramène ainsi à des êtres multiples, indépendants et à leurs rapports ; la finalité ne rétablit pas les entités, elle est, comme la causalité, une harmonie, une correspondance, une loi ou une fonction.

Page 1