Psycholûfjie rationnelle, t. 1. p
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la iiioJiliealion présente on introduit comme élément une condition de temps. « Qu'a de plus étonnant la conscience d'un fait donné comme anlévieur, et à telle époque, que celle d'un fait donné comme éloigné, et en tel lieu? c'est seulement une autre catégorie. Vouloir s'expliquer l'existence et l'usage des catégories, c'est chercher la raison de la représentation, comme si l'on pouvait sans la supposer, rendre compte de quelque chose ^ » Se souvenir et prévoir n'est rien autre chose que penser sous la forme du temps. La mémoire et la prévision sont inséparables de la conscience, l'instantané n'existe pas pour elle. <( La conscience sans durée n'est donc rien qu'une pure abstraction de la conscience: et, d'un autre côté, la durée sans la mémoire n'est rien pour la conscience : en effet, celle-ci ne pourrait être dite durer, lorsqu'elle se décomposerait en une inlinité de fractions instantanées, qu'elle ne se représenterait pas comme successives et siennes. Ce sont là des énoncés, mais positifs, de la loi que les doctrines substantialistes appellent identité personnelle et 'permanence du moi. Cette loi est la représentation même, en tant que divisée, unie et ordonnée selon la durée... Le mystère de la mémoire n'est pas autre que celui de l'existence de phénomènes sous des lois-. » Cette théorie de la mémoire, qui résout le problème en le niant, qui aux explications métaphysiques substitue la constatation d'un fait, dune loi irréductible, nous aide à entendre la méthode de Uenouvier, qui, se tenant à son point de vue de la pluralité, n'hésite pas plus à multiplier les principes d'explication que les êtres.
A la catégorie du devenir, répond la fonction du changement, qu'on appelle d'un terme impropre, trop étroit, l'association des idées. La fonction du changement est une fonction primitive qui n'est point à expliquer, qui répond
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au mouvement naturel par lequel la conscience passe par une suite de pensées, se développe dans le temps en une série de rapports successifs. D'une façon générale, les rapports selon lesquels les états successifs s'enchaînent sont déterminés par les catégories, par toutes les relations qui [teuvent s'établir dans une même catégorie ou d'une catégorie à l'autre. La pensée peut offrir autant de modes de transition qu'il y a de rapports entre une représentation donnée et des représentations possibles. Sur la question de savoir comment en fait telle série est donnée à l'exclusion de tant d'autres qui seraient également possibles, comment un objet se pose en rapport avec tel autre objet, lorsque d'autres objets s'ensuivraient tout aussi logiquement, il faut en chercher la solution dans l'expérience externe et ses données, puis dans l'appétit de l'animal, dans la passion : « la loi de finalité est celle qui préside avant tout aux séries de pensées ». L'homme doué de réflexion, peut, par la volonté, diriger dans un sens défini le cours de ses représentations. L'habitude ne saurait être, comme on le veut, le premier principe de l'association, parce qu'elle répète ce qu'elle ne crée pas. Disons donc que « la pensée se reproduit d'un mouvement spontané dans l'ordre quelconque une fois donné ou répété^ primitivement iXixlx l'expérience, à la passion, à la réflexion, à la volonté ^ ».
A la catégorie de qualité répond, comme fonction, la raison. Il ne faut donc pas entendre par raison une faculté qui s'oppose à l'entendement, une faculté chimérique de l'infini, de l'absolu, une faculté de penser contre la loi de toute pensée. La raison est la fonction de spécification., l'application réfléchie de la catégorie de qualité aux objets de la conscience ; elle différencie et elle généralise, elle classe et elle définit; la spécification permet la signification, c'est-à-dire « l'attribution faite à chaque terme